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La Société

Face à la recrudescence des féminicides et infanticides : Le plan de riposte du gouvernement

Le ministre de la communication a exposé la réplique du gouvernement face à cette urgence humanitaire et sociale.

C’est un cri d’alarme qui a enfin trouvé un écho officiel. Face à la multiplication dramatique des cas d’infanticides et de féminicides qui défraient la chronique ces derniers mois au Cameroun, le gouvernement a tapé du poing sur la table lors d’une communication spéciale. Hier, 1er juin 2026, l’exécutif a brisé le silence lors d’une conférence de presse très attendue à Yaoundé. Entre durcissement des sanctions, accompagnement des victimes et appel à la responsabilité collective, un plan de riposte d’urgence a été dévoilé.

Outre le Mincom, deux membres du gouvernement notamment la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff), le ministre de la Justice, Garde des Sceaux (Minjustice) étaient donc face aux médias. Ensemble, ils ont présenté une stratégie nationale de riposte visant à endiguer cette vague de violences qui secoue le tissu social.

Le gouvernement a d’emblée tenu à exprimer sa profonde préoccupation face à la recrudescence de ces actes de barbarie, souvent perpétrés au sein de la cellule familiale. « Chaque vie arrachée est une tragédie de trop. Le temps de l’indignation passive est révolu », a martelé René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, soulignant que l’impunité ne sera plus tolérée. Le constat est sans appel : l’escalade de la violence domestique nécessite une réponse globale et immédiate.

Le plan d’action présenté par le Mincom s’articule autour de trois axes stratégiques majeurs. Primo, le durcissement de la réponse judiciaire ; une collaboration renforcée avec le ministère de la Justice va permettre d’accélérer les procédures de traitement des dossiers liés aux violences basées sur le genre (Vbg) et aux infanticides. Des peines exemplaires ont été promises pour les auteurs de ces crimes.

Secundo, la protection et la prise en charge des victimes. Le gouvernement annonce la création de nouveaux centres d’écoute et de refuges temporaires standardisés dans les dix régions du pays, ainsi que le renforcement des numéros d’urgence pour signaler les cas de détresse.

Tercio, la sensibilisation et la veille communautaire. Des campagnes de communication de grande envergure seront déployées, impliquant les chefs traditionnels, les leaders religieux et les organisations de la société civile pour déconstruire les tabous et repérer les signaux d’alerte en amont.

C’est donc un appel général lancé en vue d’une prise de conscience collective. Au-delà des mesures institutionnelles, les autorités ont insisté sur le fait que la loi seule ne suffira pas. C’est un appel vibrant à la responsabilité de chaque citoyen qui a été lancé hier : voisins, familles et amis sont invités à rompre la loi du silence. Reste désormais à voir comment ce plan sera déployé sur le terrain et si les budgets alloués seront à la hauteur de cette urgence humanitaire et sociale. Le pays regarde, et attend des actes.

Serge Williams Fotso

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