Cette route de 152 milliards est en ce moment dans le pipe pour transformer le bassin du Dja.
Le Cameroun accélère la mise en œuvre du Projet d’aménagement et de développement intégré de la boucle minière du Dja (Padi-Dja), dont le volet routier constitue l’une des infrastructures les plus structurantes du pays. Soutenu par la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac), le programme ambitionne de renforcer l’intégration régionale, tout en stimulant l’économie des régions de l’Est et du Sud.
La phase actuelle porte sur la construction de 164 kilomètres de routes répartis entre les tronçons Abong-Mbang-Lomié (122 km) et Biyébé-Bengbis (42 km). Ces deux sections s’inscrivent dans un réseau global de 1 177 kilomètres, destiné à désenclaver la boucle du Dja.
L’investissement total atteint 153,247 milliards de Fcfa Ttc. La Bdeac finance 99,85 milliards de Fcfa, soit 65,16 % du coût, tandis que l’État du Cameroun apporte 53,397 milliards de FCFA.
Au-delà des infrastructures routières, le projet se veut un véritable programme de développement territorial. Les travaux devraient générer entre 8.000 et 10.000 emplois directs et indirects.
Le premier pilier comprend la construction des deux axes, le contrôle des travaux ainsi que l’aménagement de 40 kilomètres de voiries urbaines dans plusieurs localités traversées.
Le second regroupe les activités socio-économiques connexes. Le troisième volet est consacré aux appuis institutionnels. Il prévoit des études pour l’extension du réseau routier, une étude de faisabilité d’une liaison ferroviaire entre la zone du Dja et le port de Kribi, ainsi qu’une étude stratégique sur le potentiel minier.
Enfin, une composante spécifique couvre le fonctionnement de l’Unité de gestion du projet (Ugp), les audits financiers, le suivi-évaluation, les indemnisations et les mécanismes de réinstallation. Le projet s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) ainsi que dans le plan stratégique « Azobé 2023-2027 » de la Bdeac, qui consiste à réduire les coûts logistiques, fluidifier les échanges au sein de la Cemac et soutenir l’exploitation des potentiels agricoles, forestiers et miniers de la boucle du Dja.
Avec cette approche intégrée, le Padi-Dja constitue un levier de compétitivité territoriale susceptible de renforcer les chaînes de valeur régionales et d’améliorer durablement l’attractivité économique des territoires concernés.
Martin Crépin Ntsana Mekok
