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La Politique

Conseils régionaux : Besoin en ressources humaines qualifiées

Le problème a été posé au cours de la deuxième journée de rencontre entre le Sénat et les Ctd.

La décentralisation au Cameroun est résolument entrée dans sa phase décisive. Avec le transfert de 73 compétences aux Conseils régionaux, l’Etat a posé les bases d’une gouvernance de proximité censée rapprocher l’administration des citoyens. Mais sur le terrain, la praticabilité est confrontée à un réel problème de ressources humaines. Sans hommes et sans femmes qualifiés pour  porter ces nouvelles missions, la machine risque de s’enrayer. Parlant au nom de Gilbert Tsimi Evouna, président de l’Association des régions du Cameroun, Oumarou Ousmaou a relevé le manque en personnel qualifié au sein des conseils régionaux comme un problème majeur qui paralyse le développement économique local et empêche les Ctd de jouer pleinement leur rôle.

Pour lui, les compétences transférées aux régions telles que la santé, l’éducation, l’agriculture, l’élevage, les infrastructures, la promotion économique, doivent être planifiées, financées, suivies et évaluées. Malheureusement,  l’architecture institutionnelle a changé plus vite que les capacités humaines. Autrement dit, on a libéré les compétences, mais on n’a pas libéré les moyens humains pour les exercer.

La plupart des services techniques régionaux fonctionnent encore avec du personnel détaché, des contractuels, ou des agents polyvalents qui cumulent plusieurs fonctions. Or piloter un projet d’hydraulique rurale, monter un dossier de financement, ou contrôler l’exécution d’un marché public exige des profils spécifiques tels que des ingénieurs, des économistes, des juristes, spécialistes en passation de marché, en suivi évaluation, etc. Les conseils régionaux ont un manque quantitatif et qualitatif avec des conséquences directes sur le développement. En effet, dans ces conditions, les projets sont paralysés et il y a une grande dépendance aux prestataires extérieurs, faute de compétences internes. Bureaux d’études, consultants, Ong, la facture explose et la maitrise de l’ouvrage échappe à la région. Un problème qui débouche sur la lenteur administrative et le risque de mauvaise utilisation des fonds.

Line Tanké Njiké

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