Même pour celui qui se laisse appeler « le pape du droit », le miracle n’a pas eu lieu devant le Conseil constitutionnel. Une pléthore d’avocats n’a pas suffi à convaincre les dix juges constitutionnels sur la recevabilité et la validation de la candidature de Maurice Kamto, ancien président du Mrc devenu militant du Manidem en quête d’une candidature pour l’élection du 12 octobre 2025. Malgré les incantations, les admonestations, les lamentations et les menaces à peine voilées, Maurice Kamto ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. Plutôt que de pointer un doigt accusateur sur Elecam et le Conseil constitutionnel, l’ex-président national du Mrc doit s’en prendre à lui-même. Que d’incohérences, que de volte-faces, que de changements de cap, que de reniements ! Finalement, tel est pris qui croyait prendre.
La messe est donc dite pour le pape du droit qui devra désormais réviser tous ses cours sur la loi électorale et le contentieux. La loi est dure, mais c’est la loi. Toujours prompts à réagir aux mots d’ordre et à verser dans la violence, les militants fanatiques et fanatisés du Mrc feraient mieux de garder leur calme au lieu de céder à leurs pulsions primaires. Ils seraient bien inspirés de se demander si, à vouloir se montrer plus intelligent que tout le monde, leur ancien leader n’a pas creusé sa propre tombe.
Avec cette décision du Conseil constitutionnel, c’est l’épilogue de la première phase du processus électoral qui vient de s’écrire. Contrairement à ce qui se dit ça et là, la loi a été respectée. Pour les candidats définitivement recalés, notamment Maurice Kamto, difficile pour l’instant de dire si une épitaphe vient ainsi d’être posée sur sa pierre tombale politique. A l’instar des chats, les hommes politiques peuvent avoir plusieurs vies.
En attendant, il est loisible de constater que les forces en présence pour le scrutin du 12 octobre sont connues. L’absence de l’ancien président du Mrc présenté par le Manidem n’y change rien : la compétition sera rude et Paul Biya, le candidat du Rdpc, sera forcément la cible de toutes les attaques, de tous les coups, de toutes les calomnies et cabales.
Son parti, ses alliés et ses soutiens ne le savent que trop bien. Ils en sont quand même à la huitième campagne électorale de Paul Biya et, sans verser dans le triomphalisme, ils maîtrisent les pièges et les ficelles d’un tel exercice.
D’ores et déjà, tout en rodant leurs arguments de campagne, ils devront plus que jamais être vigilants aux mots d’ordre de boycott, et aux tentations de la violence, derniers recours faciles pour des militants et des électeurs déboussolés et floués par un leader un peu trop sûr et imbu de lui-même.
Le feuilleton de la présidentielle du 12 octobre 2025 vient de connaître un rebondissement déterminant mais le dénouement est encore incertain ; c’est maintenant que commence le plus difficile. Rira bien qui élira utile le 12 octobre 2025.
