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« Le pouvoir à la base »

De nombreux et fidèles militants du Rdpc, adeptes de la discipline, se demandaient sans doute quand la riposte tomberait et si elle serait à la mesure de l’affront. Ils n’ont pas dû être déçus lorsqu’ils ont appris que le secrétaire général du Comité central a signé le 13 janvier 2026 la note portant réactivation de la commission de discipline ad hoc instituée par décision du Président national en date du 05 décembre 2013. Les travaux de l’instance sont prévus demain jeudi 22 janvier 2026 et ses douze membres vont devoir juger cinq militants accusés à divers degrés d’actes d’indiscipline. Depuis la fuite de ces documents dans les réseaux sociaux, la polémique fait rage dans les rangs du parti et même en dehors. Menaces par ci, chantage par-là, oukases et sentences définitives plus loin : le jugement est déjà rendu et connu avant la tenue du « procès ».

Pourquoi ne pas attendre avec sérénité la fin des travaux de la commission et les propositions de sanctions qui, pour être exécutoires, seront de toutes façons, et selon les pratiques internes du Parti, transmises au Président national pour approbation et validation finales ?  Faut-il encore souligner pour le rappeler à ceux qui prennent des libertés avec la réalité que la commission de discipline ad hoc est une prérogative et une émanation du Président national ? De la même manière, les actes du secrétaire général du Comité central sont strictement placés sous l’autorité vigilante du Président national, a priori et a posteriori. Ceux qui prétendent le contraire s’égarent dangereusement et créent un climat inutile de suspicion dont le Parti n’a nullement besoin en ce moment.

En effet, au sortir d’une élection présidentielle dont l’onde de choc continue de l’ébranler, le Rdpc avait davantage besoin de faire son introspection, de tirer des leçons du scrutin du 12 octobre afin de mieux préparer les prochaines échéances. Celles-ci sont généralement sources de conflits au regard du nombre de prétendants à la candidature et du choc des ambitions des uns et des autres. L’heure devrait donc être à l’union sacrée, au rassemblement, à la cohésion et non aux querelles, à la distraction et à la recherche de boucs émissaires auxquelles on assiste depuis quelques temps. Au sein du Rdpc, l’enfer c’est toujours les autres ; personne n’assume sa propre responsabilité.

Le déroulement des régionales et l’approche des municipales et des législatives semblent exacerber davantage les tensions. Pour certains militants, le coupable est tout trouvé : c’est le Comité central avec ses fameux « plis fermés », autrement dit les propositions d’investitures soumises aux camarades membres des Conseils municipaux ou régionaux pour le choix des exécutifs de ces instances. Plus facile de voir la paille qui est dans l’œil du voisin que la poutre enfoncée dans votre propre œil. Y aurait-il des « plis fermés » si chacun faisait réellement son travail ? Les organes de base, de la cellule à la section, fonctionnent-ils en toute collégialité ? Accomplissent-ils leurs missions d’animation quotidienne selon les dispositions des textes de base ? Les bureaux se réunissent-ils selon la périodicité prévue dans le règlement intérieur ? Qu’en est-il de la tenue des conférences des organes et des registres des militants ? Où en est-on avec le placement des cartes et le recouvrement des cotisations ? Combien de sections ou d’organes inférieurs ont déjà engagé des procédures internes de discipline à leur niveau ? Et pourtant les cas d’indiscipline y sont légion.

C’est le strict respect de l’ensemble de ces procédures, de ces modalités de concertation qui justifie le concept « le pouvoir à la base », conçu par les instances supérieures du Parti au même titre que l’ouverture aux femmes et aux jeunes.

La base n’est ni un fantasme, ni une chimère, ni un mirage, ni une fiction. Il s’agit d’une réalité concrète, quantifiable, comptable et identifiable. Elle résulte d’un travail d’animation, de concertation permanentes et de présence effective sur le terrain au quotidien et au sein des organes de base. De quelle base parle-t-on lorsque les initiatives des présidents et présidentes des organes de l’Ofrdpc et de l’Ojrdpc sont systématiquement étouffées, ignorées voire combattues par ceux du Rdpc au nom d’une tutelle que certains confondent allègrement avec subordination ?

Depuis le début de cette année, des conférences de sections sont annoncées ici et là à travers le pays. Pour ne pas blesser la susceptibilité des uns et des autres, on évitera de leur rappeler que les « conférences conjointes » ne sont pas prévues dans les textes de base. Elles se sont imposées dans la pratique par la tolérance, par paresse et sous l’effet de l’accoutumance. Pour éviter les plis fermés, ces rencontres statutaires pourraient inscrire de manière prospective à leur ordre du jour des points relatifs à l’évaluation des performances des élus sortants et définir localement les critères objectifs de désignation des prochains candidats aux élections locales. Si ce travail est effectué dans les règles de l’art en tenant compte des grands principes et des idéaux cardinaux du parti, le Comité central ne pourra que valider les résolutions prises à, avec, par et pour la base.

Moralité : que chacun fasse bien son travail et les fruits des victoires seront nombreux et juteux pour tous. Les militants ne doivent cependant jamais oublier cette vieille maxime : « qui peut le plus peut le moins ». Le pouvoir du parti est effectivement à la base mais celle-ci ne doit pas badiner avec la discipline.

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