C’est dans le cadre de la 4ème édition de l’opération « Ear Camp 2026 », gracieusement mise au service des populations camerounaises par l’association Care Ta’shouo que dirige Honorine Nkuété.
L’association Care Ta’shouo, présidée par Mme Honorine Nkuété, annonce le lancement officiel de la 4ème édition de la campagne humanitaire « Ear Camp ». Au cours de ce déploiement, 100 patients souffrant de pathologies de l’oreille, notamment de perforations du tympan, bénéficieront d’interventions chirurgicales spécialisées.
L’équipe de Ear Camp qui arrive au Cameroun le 1er août au soir est conduite par Paulette Dountsop, spécialiste Orl rattachée à l’hôpital Louise de Aachen en Allemagne, est notamment composée du Dr Reichenstein Marel, chef clinique départementale Orl de l’hôpital évangélique de Düsseldorf ; Dr. Lohnherr Vera, chef clinique du département Orl du Chu de Heidelberg ; Pr. Roehl Anna, chef du département d’anesthésie Chu-Rhein-Maas Würselen ; Dr. Karmann Christine, anesthésiste ; des infirmiers anesthésistes Walter Gerhards et Vetter Uta ; et de l’infirmière de bloc opératoire Tan Esma. Les consultations démarrent immédiatement le lendemain afin planifier les interventions qui débuteront elles le 3 août et se poursuivront jusqu’au 15, date du retour de l’équipe médicale.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement d’une dynamique engagée avec la Fondation pour Enfants de l’Hôpital Évangélique de Düsseldorf et poursuivie depuis trois ans avec l’organisation allemande Pro Interplast. Pour cette édition, Dr. Paulette Dontsop qui conduit une équipe pluridisciplinaires venue d’Allemagne et composée de chirurgiens Orl, anesthésistes-réanimateurs et infirmiers de bloc, travaillera main dans la main avec les praticiens camerounais. Ce partage d’expertise sur le terrain vise à renforcer durablement les capacités médicales locales.
Soutenue par le ministère de la Santé publique, le ministère des Finances, le ministère des Relations extérieures, la direction générale de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) ainsi que par un réseau de mécènes nationaux, cette mission incarne un modèle de solidarité internationale.
« Redonner l’audition, c’est redonner une voix, une dignité, une autonomie et un avenir », souligne Honorine Nkuété. Au-delà de l’acte médical, « Ear Camp » redonne un souffle nouveau aux enfants scolarisés, aux travailleurs et aux familles touchés par la déficience auditive.
Honorine Nkuété : « Redonner l’audition, c’est redonner une voix et une dignité »

A l’occasion du lancement d’Ear Camp 2026 à Yaoundé, la présidente de Care Ta’shouo revient sur 12 ans d’engagement humanitaire au service de la santé auditive au Cameroun.
L’Action : Madame la présidente, la quatrième édition de la mission humanitaire Ear Camp se tient cette année à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé. Que représente cet événement pour votre association et pour la médecine camerounaise ?
Honorine Nkuété : Cette mission s’inscrit dans une coopération médicale internationale qui se construit depuis maintenant douze années au service des populations camerounaises. Ear Camp est aujourd’hui bien plus qu’une simple campagne chirurgicale. C’est une œuvre collective qui rassemble des femmes et des hommes de bonne volonté autour d’un objectif commun : permettre à des personnes souffrant de pathologies auditives de retrouver leur dignité et une meilleure qualité de vie.
Quels sont les origines de ce projet et sur quels partenaires repose cette alliance aujourd’hui ?
Les premières éditions ont été réalisées grâce à l’engagement de la Fondation pour Enfants de l’Hôpital Evangélique de Düsseldorf, qui a posé les fondations de cette belle aventure humaine. Depuis trois ans, cette dynamique est poursuivie avec notre partenaire allemand Pro Interplast, qui partage la même vision de solidarité, d’excellence médicale et de coopération au service des plus vulnérables.
Concrètement, quel est le bilan des éditions précédentes et quels sont vos objectifs pour l’édition 2026 ?
Au cours des trois précédentes missions, près de 150 patients atteints de pathologies otologiques, notamment de perforations du tympan, ont bénéficié d’interventions chirurgicales spécialisées leur permettant de retrouver l’audition et d’améliorer considérablement leur qualité de vie. Cette année, 100 patients, préalablement identifiés et sélectionnés par les équipes médicales selon des critères exclusivement médicaux, bénéficieront d’une prise en charge chirurgicale.
Sur le plan technique et humain, quelles sont les ressources déployées pour prendre en charge autant de patients ?
Cette mission représente un effort humain, technique, logistique et financier d’une ampleur exceptionnelle. Une importante délégation médicale allemande sera mobilisée aux côtés des équipes camerounaises. Elle est composée de chirurgiens Orl spécialisés, de médecins anesthésistes-réanimateurs, d’infirmiers anesthésistes, d’infirmiers de bloc opératoire, de personnels techniques et logistiques, qui mettront leur expertise au service des patients dans un esprit de partage des compétences et de coopération médicale. Au-delà des interventions chirurgicales, Ear Camp constitue un véritable pont entre les peuples, favorisant les échanges professionnels, le renforcement des capacités locales et la promotion d’une médecine solidaire.
L’organisation d’une opération d’une telle envergure nécessite sans doute des soutiens institutionnels et privés majeurs…
Absolument. L’organisation nécessite plusieurs mois de préparation, la mobilisation d’importantes ressources et une coordination exemplaire. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Pro Interplast, à la Fondation pour Enfants de l’Hôpital Évangélique de Düsseldorf, ainsi qu’à la direction générale de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé et à l’ensemble des équipes médicales.
Nous adressons également notre profonde reconnaissance au ministère de la Santé publique, au ministère des Finances et au ministère des Relations extérieures de la République du Cameroun. Par les facilités administratives, financières, techniques et diplomatiques qu’ils mettent en œuvre, ces départements ministériels contribuent de manière déterminante à la réussite de cette coopération.
Enfin, je salue nos partenaires nationaux : entreprises citoyennes, institutions, fondations, familles, donateurs et bénévoles. Leur engagement démontre qu’au Cameroun, la solidarité demeure une valeur vivante. Chaque contribution participe directement à offrir une nouvelle chance à un patient.
Comment voyez-vous l’avenir de cette coopération après cette quatrième édition ?
Cette quatrième mission ne marque pas l’aboutissement de notre engagement, mais une nouvelle étape. Care Ta’shouo entend poursuivre cette coopération afin que d’autres missions puissent être organisées dans les années à venir et que toujours davantage de Camerounaises et de Camerounais puissent bénéficier de soins Orl spécialisés de très haut niveau. Notre ambition est de faire de cette initiative un modèle durable de partenariat humanitaire.
Un dernier mot pour résumer le sens profond de votre action ?
Parce que derrière chaque patient qui retrouve l’audition, il y a un enfant qui apprend mieux, un parent qui retrouve le dialogue avec sa famille, un travailleur qui reprend son activité, une personne âgée qui entend à nouveau la voix de ses proches. A Care Ta’shouo, nous sommes convaincus que redonner l’audition, c’est redonner une voix, une dignité, une autonomie et un avenir.
Serge Williams Fotso
