Le 6 novembre 2025, n’était pas qu’un rituel de plus. Il marque un nouveau départ, placé sous le signe de la responsabilité et de la continuité.
Le 6 novembre 2025, devant le Parlement réuni en Congrès, le président de la République Paul Biya a, à l’occasion de sa prestation de serment pour un nouveau mandat, esquissé les grandes lignes d’un engagement renouvelé envers les Camerounais. Après plus de quatre décennies à la tête du pays, l’homme du 6 novembre 1982, a réaffirmé sa détermination à honorer la confiance placée en lui.
Parmi les promesses phares figurent : un appel à l’union sacrée, la mise en œuvre d’un « Cameroun uni, stable et prospère », avec la déclaration solennelle : « L’heure est désormais au rassemblement » ; une orientation nette en faveur des jeunes et des femmes, avec notamment la relance de concours administratifs et un « programme spécial de création d’emplois pour les jeunes avec l’appui des institutions bancaires locales » ; le maintien de l’ordre républicain comme condition de la stabilité, l’engagement ferme à ce que « L’ordre règnera, le Cameroun continuera d’avancer ».
S’agissant particulièrement de la mise en œuvre d’un Cameroun uni, stable et prospère, il s’agit d’un triptyque : paix durable, inclusion politique, et croissance partagée. Il évoque un idéal national fondé sur la cohésion, la paix et le développement. On peut déduire, à partir de ses positions passées et de ses engagements récents, plusieurs axes probables, à savoir : le renforcement de l’unité nationale par des appels au rassemblement au-delà des clivages ethniques, politiques ou régionaux et en poursuivant la décentralisation pour donner plus de responsabilités aux collectivités territoriales, surtout dans les régions en crise. Il s’agit également de stabilité politique et sécuritaire, à travers notamment le maintien de l’ordre républicain face aux tentatives de déstabilisation et le renforcement des forces de défense et de sécurité, tout en misant sur le dialogue dans les zones sensibles (Nord-ouest, Sud-ouest). Pour ce qui est de la prospérité économique, ce n’est un secret pour personne, Paul Biya entend par là, la mise en œuvre de projets structurants dans les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, etc. Il s’agit probablement aussi de la promotion de l’emploi des jeunes, soutien à l’entrepreneuriat, et mobilisation des investissements publics et privés.
Ces engagements, nécessaires à un moment chargé d’attentes, viennent affronter une réalité nationale complexe : tensions post‑électorales, critiques sur la transparence du scrutin et un paysage politique en demande de renouveau.
L’enjeu majeur pour le Président Biya et d’ailleurs pour tout le pays, est de traduire ces promesses en actions concrètes. Le discours était riche en symboles ; il faudra désormais que les résultats soient tangibles. La relance de l’emploi des jeunes devra se manifester à travers des chiffres, la promotion des femmes à travers des opportunités effectives, et le bassin de l’ordre public reposera sur la justice et la participation plutôt que sur la seule force.
Pour tout dire, ce 6 novembre 2025 n’a pas été un rituel comme les autres, il marque un nouveau départ placé sous le signe de la responsabilité et de la continuité. Le Président Biya s’engage à rester digne de la confiance du peuple. A lui maintenant de convertir ces promesses en un mandat de transformation. Pour que l’espérance affichée devienne réalité vécue, dans la randeur.
Serge Williams Fotso

