Dans la région du Sud, le 18 février a marqué un moment rare, presque solennel : le début simultané de deux chemins spirituels qui chemineront, pour une même quête intérieure.
Deux traditions différentes, une même soif d’élévation. Dans une région où chrétiens et musulmans cohabitent depuis des générations, voir le Carême et le Ramadan commencer le même jour est plus qu’une coïncidence. C’est un symbole puissant, pour un grand nombre du clergé et des Imams locaux, il s’agit d’une période qui est une invitation au respect mutuel.
Un rappel que la foi, quelle qu’elle soit, appelle à la paix. Une opportunité de renforcer le vivre-ensemble. Dans les quartiers, les familles, les administrations, les marchés, certains jeûneront toute la journée, d’autres réduiront leurs repas ; mais tous seront engagés dans une démarche de dépassement personnel. Et peut-être que cette simultanéité rappelle une vérité simple : les chemins vers Dieu sont multiples, mais la quête d’élévation est universelle.
Le Carême impose 40 jours de transformation intérieure, pour les chrétiens majoritairement catholiques, le Carême débute avec le mercredi des cendres et s’étend sur 40 jours, en référence aux 40 jours passés par Jésus dans le désert. C’est un symbole alliant la repentance qui consiste à reconnaître ses failles et chercher à s’améliorer, la purification, se détacher du superflu pour se recentrer sur l’essentiel.
Le partage, intensifier les actes de charité et de solidarité et, la prière qui consiste à approfondir la relation avec Dieu, entre autres recommandations. Le Carême conduit à Pâques, célébration de la résurrection du Christ, symbole ultime de renouveau et d’espérance.
Le Ramadan quant à lui est un mois de discipline et de révélation. C’est le neuvième mois du calendrier islamique. Il commémore la révélation du Coran au prophète Mohammed. Pendant environ 29 à 30 jours, les musulmans vont pratiquer le jeûne quotidien du lever au coucher du soleil (sans boire ni manger). Ils vont aussi se consacrer à la prière renforcée et la lecture du Coran. Il leur sera également recommandé la maîtrise de soi, notamment le contrôle des paroles, des actes et des intentions. Ils sont appelés par ailleurs à plus de générosité, avec la multiplication des actes de solidarité.
Le Carême suit le calendrier chrétien, le Ramadan le calendrier lunaire islamique. Mais au-delà des différences, les deux portent des valeurs communes : discipline, introspection, foi, solidarité et élévation spirituelle.
Oben Déchaux

