D’ingénieur en électrotechnique à homme d’État, le défunt a marqué le Cameroun par un long parcours alliant gestion stratégique de l’énergie et ascension politique, jusqu’à la présidence du Sénat.
Marcel Niat Njifenji, né le 26 octobre 1934 à Bangangté et décédé le 11 avril 2026 à Yaoundé, appartient à cette génération de bâtisseurs de l’Etat camerounais post-indépendance. Ingénieur de formation, il a su conjuguer expertise technique et engagement politique pour marquer durablement la vie publique nationale.
Formé notamment à Supélec en France, il entame sa carrière dans le secteur de l’énergie. Il devient en 1974 directeur général de la Société nationale d’électricité (Sonel), poste stratégique qu’il occupe pendant près de trois décennies. Sous sa direction, d’importants projets d’électrification sont réalisés, contribuant ainsi à l’extension du réseau énergétique à travers le pays.
Son entrée en politique s’opère au début des années 1990. C’est ainsi que le 7 septembre 1990 il est nommé ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire, avant d’accéder en 1992 au poste de vice-Premier ministre chargé des Mines, de l’Eau et de l’Energie. La même année, il est élu député du Ndé sous la bannière du Rdpc, confirmant son ancrage dans la vie politique nationale.
Une fidélité constante au Rdpc
Après une longue carrière administrative, il renforce sa présence politique au niveau local en devenant maire de Bangangté de 2002 à 2007. Cette expérience de terrain consolide son image d’homme proche des populations.
La consécration de son parcours intervient en 2013 avec la création du Sénat. Nommé sénateur, il est élu le 12 juin 2013 premier président de cette institution, fonction qu’il occupe pendant plus d’une décennie. A ce poste, il devient la deuxième personnalité de l’État, appelé à assurer l’intérim présidentiel en cas de vacance du pouvoir.
Depuis l’avènement du multipartisme au début des années 1990, il est resté un soutien indéfectible du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, sans jamais afficher d’ambition dissidente, ni de prise de position publique en rupture avec la ligne du parti.
Homme discret et réputé pour sa loyauté, Marcel Niat Njifenji a traversé les grandes étapes de l’évolution politique du Cameroun. Son parcours illustre la transition d’un technocrate vers un acteur majeur des institutions, laissant l’image d’un serviteur de l’Etat rigoureux et constant.
Serge Williams Fotso

