Ce cri de cœur, a été lancé au cours des travaux de la première conférence internationale dédiée à son plaidoyer les 20 et 21 juillet dernier, à Yaoundé.
Le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, en sa qualité de représentant du Premier ministre, a procédé à l’ouverture des travaux de la Conférence Internationale sur le Fleuve Nyong (Ciflen 2026), qui constitue une plateforme unique d’échanges, de coopération et d’innovation consacrée à la préservation durable du bassin du Nyong.
De sa source à Abong-Mbang jusqu’à son embouchure sur l’Atlantique, ce fleuve, l’un des principaux cours d’eaux de notre pays, traverse quatre régions stratégiques, l’Est, le Centre, le Sud et le Littoral. Et sa disparition progressive inquiète. D’où cet appel à l’engagement de tous les acteurs pour la survie de ce patrimoine commun, lancé par Geoges Elanga Obam. « L’objectif de notre réflexion consiste à faire un diagnostic exact de la situation de ce fleuve, des conséquences que son état actuel peut présenter, mais surtout des solutions qui peuvent être proposés pour garantir sa survie et sa restauration ».
En se remémorant les bons souvenirs de son enfance sur les bienfaits du Nyong, Christophe Mien Zok, président de l’élite du Nyong, par ailleurs directeur général du palais des Congrès de Yaoundé, a reconnu que ce fleuve n’est plus que l’ombre de lui-même, avant de rappeler que la restauration du Nyong apparaît dès lors comme l’un des plus grands défis collectifs de notre génération. La leçon inaugurale de la conférence, présentée par le Pr. Joseph Armathé Amougou, directeur général de l’Observatoire national des changements climatiques (Onacc), a servi de balise pour ce qui peut être fait pour améliorer la situation.
Pendant deux jours, la Ciflen a réuni des acteurs nationaux et internationaux autour d’un objectif commun : trouver des solutions concrètes pour protéger l’une des plus importantes ressources naturelles du Cameroun. La rencontre de Yaoundé a rassemblé autour d’une même table, des représentants des administrations publiques, des collectivités territoriales décentralisées, des institutions de recherche, des universités, des organisations internationales, des organisations non gouvernementales, des entreprises, des partenaires techniques et financiers ainsi que des communautés riveraines, pour une cause noble : Promouvoir une gestion intégrée, durable et résiliente du bassin du fleuve Nyong. Pour le président du Comité d’organisation, Dieudonné Xavier Ateba, « le fleuve Nyong n’est pas seulement un cours d’eau. Il est une source de vie, un patrimoine naturel, culturel et économique qui façonne depuis des générations l’existence de milliers de Camerounaises et de Camerounais. Il irrigue nos terres, nourrit nos communautés, soutient nos activités économiques et participe à l’équilibre écologique de notre pays ».
Réactions
Georges Elanga Obam, Minddevel, représentant du Premier ministre, chef du gouvernement
« Mobilisions nos énergies pour sauver le Nyong»
Le gouvernement est mobilisé, les partenaires au développement, les collectivités territoriales, les riverains, les organisations, les experts, les scientifiques que nous avons invités pour qu’ils puissent nous présenter la réalité de la chose et nous accompagner dans la réflexion en terme de perspectives. Vous avez suivi la leçon inaugurale qui a étayé davantage les uns et les autres sur cette problématique, et je pense que cette conférence est un déclencheur qui est en train de faire tache d’huile. Le problème du Nyong n’est plus le problème des riverains, non plus un problème national, c’est devenu un problème planétaire. Les considérations qui font la tenue de cette conférence internationale sont liées à l’impact que ce fleuve a sur la vie de nos communautés. On n’a pas cessé de le dire, c’est une rivière de près de 700km qui traverse quatre régions et une bonne vingtaine de nos communes. Elle forme une activité économique liée à l’exploitation forestière, à l’agriculture et à la pêche. La disparition de cet important fleuve aurait pour conséquence un appauvrissement considérable des populations qui y vivent, une destruction de la nature et de l’environnement.
Christophe Mien Zok, représentant des élites du Nyong
« Nous avons espoir que le cri d’alarme sera entendu »
Natif, fils et riverain du Nyong, nous sommes venus ajouter nos voix à ce concert que les organisateurs du colloque ont bien voulu organiser pour lancer ce Sos afin que le Nyong ne disparaisse pas. Nous qui sommes nés au bord de celui-ci et qui l’avons vu depuis plus de 50 ans, nous voyons comment il est en train de se rétrécir, comment il est en train de se métamorphoser négativement. Et si jamais ce processus-là de dégradation, de rétrécissement se poursuivait, il yaura des conséquences à la fois économiques, environnementales, écologiques, anthropologiques et même sociales. C’est pour cela que nous venons à ce colloque avec beaucoup d’espoir, que des recommandations fortes, des résolutions pertinentes seront prises et surtout que tout ça débouchera sur des actions.
S.M Régine Modo, chef de groupement de la communauté Sos- Akonolinga
« Nous comptons sur le gouvernement »
Le Nyong était navigable d’Abong-Mbang à Mbalmayo. Un fleuve vraiment très resplendissant, la population ne vivait que de ça. Le Nyong était une source de revenus pour des enfants, pour des vieillards, puisqu’au niveau des berges, on avait des champignons rouges que les mamans utilisaient pour des sauces, on les séchait pendant au moins un mois sans toutefois que ça ne se dégrade. C’est déplorable aujourd’hui, le Nyong a séché, le Nyong s’est dégradé. En le voyant, il n’a plus de valeur. Nous demandons au service gouvernemental de nous trouver une solution. Si le gouvernement peut nous aider à redonner vie à ce Nyong qui se meurt aujourd’hui…
Hon. Bleue Régine Tsoungui épse Obama Mballa, maire de la commune de Ngomedzap, présidente du Réseau des communes du bassin du Nyong (Recoban)
« Nos attentes sont nombreuses »
Nos attentes sont nombreuses. La première c’est de restaurer le lit du Nyong ; c’est le premier défi parce que si on n’a pas de l’eau, il n’ya pas de vie.Donc il est important de restaurer, de sauver le fleuve. Il est important que les territoires qui sont adossés sur le Nyong puissent avoir un programme de développement autour de celui-ci. Également, nous devons profiter des opportunités que nous offre la pisciculture, l’agriculture, etc.Nous devons capitaliser ces opportunités, mais de manière intercommunales, parce qu’il est difficile pour une seule commune de porter un tel projet. Nous devons le faire ensemble.
Muriel Zang

