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L'Editorial

« Qu’ils soient tous un! »

Sur invitation des autorités camerounaises et de l’Eglise catholique qui est au Cameroun, notre pays accueille dès ce mercredi 15 avril 2026 le Pape Léon XIV pour une visite de quatre jours. Moins d’un an après son élection en mai 2025 comme successeur de Saint Pierre à Rome, le nouveau souverain Pontife a inscrit le Cameroun dans son périple africain d’une dizaine de jours qui le conduira également en Algérie, en Angola et en Guinée Equatoriale. Ce sera la quatrième visite d’un pape au Cameroun. Une « performance » et un record en Afrique enviés par de nombreux pays et qui ne doivent sans doute rien au hasard. Malgré les campagnes de dénigrement et d’appels au boycott, l’évêque de Rome a maintenu son voyage au Cameroun, cette terre de tolérance et de cohabitation entre les religions, ce champ d’expérimentation par excellence de l’œcuménisme. C’est donc avec le même engouement, la même ferveur, le même enthousiasme et la même piété que les autorités camerounaises et les croyants, toutes confessions religieuses confondues, ont préparé cette quatrième visite.

Pour les autorités étatiques camerounaises, il s’agit d’une visite d’un chef d’Etat avec tout ce que cela comporte comme défi organisationnel sur le triple plan protocolaire, sécuritaire et logistique. En guise d’illustration, l’Etat camerounais devra prendre en charge, avec Camair-co comme principal acteur et transporteur officiel, les rotations aériennes du pape et sa délégation vers Bamenda et Douala puisque à chaque fois, le souverain pontife effectuera des allers-retours entre Yaoundé et ces villes. Fort des garanties reçues et en dépit de tous les messages discordants et alarmistes émis çà et là et lui demandant d’annuler l’étape en terre camerounaise, le Pape a dû se dire que le Cameroun en général et Yaoundé en particulier valent bien une…messe.

Visite diplomatique et politique donc du chef de l’Etat du Vatican au Cameroun de Paul Biya, un président dont l’engagement au service de la paix et de la solidarité internationales est connu et reconnu depuis plusieurs décennies. Un pays loin d’être une terre sainte, encore moins peuplée de saints et d’anges mais qui n’est pas non plus l’enfer que certains veulent bien dépeindre.  En tout cas, le pape Léon XIV a jugé ce pays fréquentable et a décidé de venir prier avec ses dirigeants et de communier avec ses fidèles, qu’ils soient chrétiens catholiques ou non.

Et c’est à ce niveau que le caractère apostolique, pastoral et spirituel de la visite revêt toute sa signification. Le bon berger doit protéger tout son troupeau et ne peut accepter de perdre une seule brebis égarée. Comme un bon pasteur, le Très Saint Père vient en terre camerounaise répandre la bonne nouvelle, racheter les égarés, implorer la miséricorde divine sur le peuple camerounais et prier pour le retour de la paix, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest où chrétiens et membres du clergé ont été torturés et martyrisés du fait de la folie démoniaque qui s’est emparée de certains fils de ces deux régions. Pour ces raisons apostoliques et évangéliques, Yaoundé, Bamenda et Douala valent bien une messe

Pour l’Eglise catholique qui est au Cameroun, son épiscopat, son clergé dont les membres sont de plus en plus victimes d’homicides, les laïcs engagés, cette visite revêt un caractère inédit : pour la première fois de l’histoire des visites pontificales à Yaoundé, le pape ira à la rencontre de tous les évêques du Cameroun au siège de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc). Il faut laver le linge sale en famille. Ce ne sera pas de trop pour le Saint-Père de tenter « d’exorciser » le mal voire le Malin qui, insidieusement, s’infiltre dans l’Eglise au point où on a pu entendre un évêque appeler le diable au secours pour délivrer le Cameroun avant la dernière élection présidentielle.

C’est dire si cette visite papale tombe à point nommé. Pour les autorités camerounaises, pour les fidèles de toutes régions et religions, y compris les athées et les agnostiques. Elle vient rallumer une lueur d’espoir dans les cœurs et semer une graine d’espérance dans les esprits. Samedi prochain, vers 15 heures, lorsque l’avion spécial ayant à son bord le souverain pontife aura décollé de l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen, il restera les messages d’amour et de paix, de pardon et de tolérance, les grâces et les bénédictions laissés par le Très Saint Père. Puissent-ils aider à l’accomplissement en chaque Camerounais, individuellement et collectivement, de la devise du Pape Léon XIV : « qu’ils soient tous un !» Un pour tous ! Tous pour un ! Une devise qui sonne et résonne comme un credo à l’unité et à l’union, à la solidarité et à la réconciliation.

Le Cameroun vaut bien, non pas une, mais plusieurs messes…

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